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Rachetée en octobre 2007 par le poids lourd suisse Syngenta,
l’entreprise israélienne spécialisée dans les semences de légumes à fruits
espère doubler ses ventes d’ici à cinq ans. NATHALIE HAREL, EN ISRAËL.
c’est un signe qui ne trompe pas : lors des journées
portes ouvertes organisées début juillet par
Zeraim Gedera, des visiteurs chinois, thaïlandais
ou mexicains se mêlaient à leurs confrères
européens pour écouter des conférences sur la
marbrure bénigne du poivron… « Aujourd’hui, la zone
méditerranéenne représente 80 % de notre activité : avec des
positions fortes en Espagne, Turquie, Égypte, au Maroc et bien
sûr en Israël où nous sommes no 1 dans les semences de légumes
à fruits », confie Amnon Eshet, le nouveau président du
semencier israélien, dont les ventes se sont élevées à
41 millions de dollars en 2007 (85 % à l’international). Des
parts de marché qui ont poussé le poids lourd des phytosanitaires
Syngenta, par ailleurs no 3 mondial des semences
de légumes (derrière Monsanto et Pionner), à s’emparer de
Zeraim en octobre dernier, moyennant 95 millions de
dollars. Pour autant, la firme de Gedera (au sud-est de Tel-
Aviv) n’entend pas limiter sa présence à la péninsule
Ibérique ou aux pays de la rive Sud.
«Les marchés émergents constituent pour nous la priorité de
demain », poursuit le PDG. C’est notamment grâce à la
zone Nafta (North American Free Trade Agreement) –
connue sous le nom d’Alena –, au Brésil ou encore à l’immense
marché de consommation chinois que Zeraim
Gedera, spécialisé en six espèces clés (tomates, poivrons,
melons, courgettes, pastèques et concombres), entend
multiplier par deux ses ventes d’ici à cinq ans. « L’idée
serait, dans les années à venir, d’arriver à une répartition plus
équilibrée de nos débouchés entre les pays développés et les
marchés émergents, précise A. Eshet, lequel mesure le
chemin parcouru. Il y a vingt-cinq ans, Zeraim Gedera ne
comptait aucune espèce hybride dans son portefeuille et était
dépourvu de véritable stratégie à l’export. » Tout change sous
la houlette du fils de la famille fondatrice, Ohad Zuckerman,
qui remet à flots l’entreprise, la transforme en multinationale
et la recentre sur des variétés hybrides à forte
valeur ajoutée. À l’instar de son compatriote Hazera
(propriété de Vilmorin), Zeraim profite des brevets de l’académie
israélienne, et notamment d’une tomate dotée du
gène de longue conservation, introduite au début des
années 90 par l’université hébraïque de Jérusalem.
« Zeraim, qui investit 16 à 17% de son chiffre d’affaires dans la
recherche et développement, entretient des relations très privilégiées
avec les instituts agronomiques du pays : cette dimension
a également pesé dans le rachat », indique André Goig, le
directeur mondial de l’activité légumes de Syngenta, lors
d’une visite à Gedera. C’est ainsi que Zeraim devrait se voir
confier la recherche sur le melon pour l’intégralité du groupe
bâlois. Tout en partageant son savoir-faire dans
plusieurs domaines clés : le stress hydrique, les serres
économes en chauffage, les modes de production sans
eau, etc. Autre avantage apporté par Zeraim : « Les sélectionneurs
israéliens (chargés des hybridations) sont beaucoup
moins conservateurs que leurs confrères européens et ne cessent
de vouloir intégrer de l’innovation », relève A. Goig.
De fait, Syngenta entend faire jouer tout type de complémentarités.
« Nos variétés de tomates et de poivrons pourront
être en compétition avec celles de Zeraim ; certains
programmes de recherche pourront se superposer ; l’essentiel
étant de coopérer sur les grandes priorités, poursuit ce
responsable, qui cite en premier lieu les propriétés gustatives.
Jusqu’à présent, la profession s’est surtout mobilisée sur
les caractéristiques de conservation pour satisfaire la grande
distribution. Il est temps de redonner la priorité au goût. Et de
nous aider des marqueurs génétiques pour atteindre un
consensus entre les spécifications agronomiques et la dimension
gustative. »
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